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Argent, Travail et Psycho-généalogie

Par Annie FOUGERE
Extrait de "Soleil Levant 93 - janvier 2003"


 

La psycho-généalogie (PG) est un domaine de réalisation de soi. C'est une recherche sur les mécanismes qui construisent notre histoire, sur les fils qui tissent nos traits de caractère, la façon de nous comporter, les désirs et les peurs qui nous habitent. L'étude de l'arbre nous permet de découvrir que les morts sont toujours vivants en nous. En effet, nous en avons hérité des mémoires cellulaires ou mémoires généalogiques qui sont la charge émotionnelle de leur vie...

Comment se distribuent les mémoires de l'arbre ?

Au moment où l'enfant naît, il y a une transmission des conflits non réglés de son histoire familiale. Les événements douloureux, les conflits psychologiques des différents membres de son arbre vont s'inscrire dans sa mémoire cellulaire et programmer en conséquence un certain scénario de vie. Mais, pourquoi dans une même famille, un enfant a-t-il un parcours facile et le suivant une vie parsemée d'épreuves ? La transmission des mémoires se ferait-elle comme l'on distribue les cartes au jeu ? Et bien non, absolument pas !

Plusieurs facteurs sont déterminants, tout d'abord la règle de trois :

 

1 2 3
4 5 6
7 8 9

L'enfant n° 1, l'enfant n° 4 et l'enfant n° 7 d'une même fratrie sont reliés entre eux. Ils sont aussi reliés à tous les enfants n° 1, 4 ou 7 de l'arbre généalogique et possèdent leurs mémoires familiales. Il en est de même pour les enfants n° 2, 5, 8 et 3, 6, 9. Pour déterminer les rangs des fratries, il est essentiel de prendre en compte les fausses couches et les avortements.

Les prénoms, les anagrammes, sont aussi d'autres modes de transmission. Par ailleurs, la période allant de la conception à la naissance est déterminante pour la vie de l'enfant. Durant cette période, tout ce qui a été ressenti par la maman le sera également par l'enfant et pourra conditionner son avenir : si en début de grossesse, une dame doit rester couchée afin d'éviter une fausse couche et qu'elle se met en stress sur l'interdit de travailler, l'interdit de bouger, l'enfant va inscrire cet état dans sa mémoire cellulaire. Adulte, cela le conduira à vivre toutes sortes de conditions difficiles par rapport au travail, situations qu'il aura mis en place à son insu...

Les mémoires familiales négatives concernant l'argent, la réussite...

Prostitution, marché noir, escroqueries.

Lorsque l'on rencontre des arbres dans lesquels des aïeux ont gagné de l'argent par la prostitution, le marché noir, l'escroquerie... et que cette pratique est condamnée par d'autres membres de l'arbre, l'argent devient "sale", chargé de culpabilité et de honte. Le descendant qui hérite de ces mémoires peut créer des situations où il ne gagne que peu d'argent car, inconsciemment, il ne veut pas se salir les mains. Autre conséquence : le descendant peut gagner beaucoup d'argent, mais on va venir le lui  prendre ; fisc, ex-conjoint, associé, justice... En effet, l'injonction familiale est la suivante : il faut rendre cet argent sale ! On trouve souvent  dans de tels arbres les prénoms Antoinette (en toi net), Antoine, Blanche, Claire... ainsi que des métiers de blanchisserie, laverie, cantonnier... venant équilibrer l'arbre et le laver des souillures des ancêtres.

Alcoolisme, noyades et autres conflits aux liquides.

L'argent est enregistré par le cerveau par la symbolique du liquide : "pater en liquide". Les mémoires négatives du liquide vont perturber la vie matérielle du descendant et par ailleurs sa santé.

L'alcoolisme. Dans la grande majorité des arbres, ce sont les hommes qui boivent : les femmes et les enfants vont subir des injustices (violence, pauvreté, anus...) en sachant que la cause de leurs malheurs est due à l'excès de liquide absorbé par le père ou le conjoint. Le message non verbal qui sera véhiculé dans cette famille peut se traduire ainsi : pour vivre heureux, en paix, il ne faut surtout pas faire rentrer de liquide. L'argent sera alors intégré comme dangereux et il fera défaut. Dans certaines familles, les femmes vont utiliser tous les moyens pour empêcher le mari de boire : par exemple prendre l'argent et le cacher. Par conséquent, dans les générations suivantes, quelqu'un répond sans le savoir à la douleur de cette aïeule en se faisant déposséder à un moment de sa vie...

Dans ces mêmes arbres, les femmes ont souffert considérablement par rapport à l'alcoolisme des hommes. Cette souffrance va se léguer à des descendantes qui vont se couper de leur féminin, devenant des épouses et des mères castratrices. Elles domineront les hommes car elles en ont peur et feront tout pour que leurs fils restent "petits garçons" ce qui entraînera des problématiques, notamment d'ordre sexuel.

Noyade. Si un aïeul est mort noyé, le cerveau enregistre : pour rester en vie, il faut empêcher le liquide de rentrer en moi ! Par conséquent, le descendant va bloquer sur l'argent. Si au contraire votre parent a échappé à la mort car on lui a fait cracher toute l'eau absorbée, c'est bien grâce au fait de l'expulsion du liquide qu'il est toujours en vie. L'information sera véhiculée te on trouvera des personnes qui dépensent plus qu'elles ne gagnent. L'argent leur brûle les doigts car elles vibrent sur une mémoire de survie inconsciente : expulser le liquide = flamber l'argent !

Les névroses de classe, les diplômes.

Dans l'étude d'un arbre, il faudra également chercher si il y a des névroses de classe afin d'en étudier les différents mécanismes et leurs répercussions. Il faudra aussi regarder comment ont été vécus les diplômes, le niveau d'étude. Par ailleurs, il est important de noter que chaque arbre donne une valeur spécifique à l'argent, liée à son appartenance culturelle, cultuelle, politique... Exemple : une famille catholique aura des ressentis bien différents face à l'argent qu'une famille protestante.

Les névroses d'échec.

Certaines injonctions parentales seront considérablement nuisibles à la réussite de l'enfant. Ces injonctions se regroupent en cinq principaux thèmes : l'interdit de dépasser socialement ses parents. L'enfant qui les dépasse, à un moment donné de son parcours, va se punir. La culpabilité d'avoir été une charge pour eux (papa ou maman a dû à contrecœur abandonner ses études à l'annonce de sa grossesse). La culpabilité d'être parti loin, d'avoir abandonné la famille. La culpabilité de trahir. On trahit par le culte, en appartenant à un autre parti politique, en exerçant un autre métier que les générations précédentes. La culpabilité d'être un mauvais fils : parents qui demandent aux enfants d'être leur clone.

Ces culpabilités inconscientes génèrent des scénarios répétitifs d'échec, que la personne met en place pour rester fidèle à son arbre.

Investiguer sa généalogie afin de prendre conscience des mémoires conflictuelles et de leurs répercussions dans nos vies, est une première étape sur le chemin libérateur de l'héritage familial. La deuxième étape consiste à rentrer en interaction avec son arbre par différentes actions : poser des actes concrets ou métaphoriques, théâtraliser son arbre, déprogrammer par le corps... Il s'agit d'aller panser les blessures des nôtres, réparer certaines séquences trop douloureuses.

Transformer symboliquement l'histoire transgénérationnelle, pour transformer sa propre histoire.

 

Annie Fougère est psychogénéalogiste, formée auprès de Jodorowsky et d'Athias. Somatothérapeute et sophrologue, Annie reçoit en séance individuelles. Par ailleurs, elle co-anime des week-ends de psycho-généalogie sur Lyon, Toulouse, dans la Drôme et d'autres régions sur demande.


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