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Généalogie et mal-à-dit

Interview de Gérard Athias

(Propos recueillis par Marjolaine Watelle)

Extrait de "Soleil Levant 93 - Janvier 2003"


 

J'ai rencontré Gérard Athias lors d'un séminaire en septembre dernier. Docteur en médecine, il a abandonné son rôle de généraliste afin d'approfondir ses recherches en biologie totale. Il travaille non seulement avec la psychogénéalogie, le tarot, la kabbale, mais aussi le langage des oiseaux.
    Pendant une semaine, chaque participant a exposé ses maladies (conflits), et a pu, avec Gérard, décoder les secrets de son arbre, de son prénom ou du nom afin de trouver des chemins vers la guérison. Ce séminaire a été pour moi l'occasion de prises de conscience parfois difficiles mais toujours bénéfiques.
    L'interview qui suit vous permettra de mieux connaître cet homme passionné par son travail, cet inlassable chercheur. En seconde partie, vous plongerez dans une consultation tirée d'un cas réel, un témoignage poignant.

Gérard Athias, expliquez nous comment un médecin généraliste qui ordonne de l'allopathie, en arrive à travailler sur la biologie et le rôle de l'inconscient ?

Suite à une maladie définie comme incurable par la médecine, je devais prendre des médicaments à vie. Or, deux jours après le diagnostic, j'étais guéri. J'ai donc réalisé que c'est la prise de conscience qui guérit. J'étais prêt pour vivre cela et des rencontres déterminantes m'ont lancé dans la biologie totale.

Pouvez vous nous expliquer ce qu'est la Biologie ?

Comprenons d'abord que la maladie est une solution de survie à un stress particulier. En fonction du stress et du ressenti précis que l'individu va intégrer au niveau psychologique, c'est-à-dire cellulaire, les cellules vont se transformer pour devenir super compétentes. Elles vont devenir des "extra cellule" pour faire le travail dans cette situation de stress. La biologie explique le rôle de chaque cellule.
    Par exemple, en état de fuite, lorsqu'on est poursuivi par quelqu'un : on est stressé. L'idéal, pour fuir, est de courir plus vite que l'agresseur. La vitesse est réglée par les hormones thyroïdiennes. Donc, dans ce stress, les gens vont programmer une maladie thyroïdienne qui va surproduire une hormone qui les rendra plus actifs et plus rapides. C'est la thyroïde qui, en tant que cellule, donne la notion de rapidité à l'individu. Les gens hyperthyroïdiens ont tous un programme de fuite. Le ressenti d'une thyroïde en hyper thyroïde, c'est la fuite, en hypo, c'est l'impuissance. Chaque cellule a un mot précis pour raconter son histoire au patient.

Parlez nous des outils que vous développez autour de la bio.

Au travers de mes sept ans au service de la bio, je me suis intéressé à la généalogie et aux symboles, notamment aux lettres hébraïques, à la kabbale, au tarot et au langage des oiseaux. Par exemple, je me sers des prénoms pour comprendre ce qui s'est passé dans la généalogie : Michelle : "mi" : celui qui est à moitié et "chelle" - léché - celui qui est à moitié léché. Les animaux lèchent les nouveau-nés. Si la mère lèche à moitié, c'est qu'une autre femelle l'a fait. Souvent chez les Michel(les), on constate dans la généalogie, un personnage ayant été élevé par deus mères. Les prénoms nous donnent parfois des infos pour aller le plus vite possible au cœur du problème afin de sortir de la problématique familiale inconsciente généalogique.

Pouvez-vous développer le parallèle entre la bio et la généalogie ?

Le premier, la bio : telle cellule à tel type de mission. Le deuxième, la généalogie : ce sont les ancêtres qui nous programment au destin. Il faut donc aller voir dans l'arbre généalogique ce qui se cache : trouver l'histoire inconsciente familiale car c'est l'inconscient qui programme l'histoire des maladies. Par exemple, lorsque des parents disent "je veux que mon enfant soit médecin..." que programment-ils pour l'enfant ??! Un métier ? NON ! Ils programment les points de suspension. Ils programment ce que l'inconscient a dit quand ils ont dit "je veux...". Bien entendu, ils ont dit "peur de la maladie" et, au cœur du problème, peur de la mort. L'enfant va programmer une peur de la mort au travers la phrase "je veux que mon enfant soit médecin".
    Il faut absolument préciser que les projections des parents sur l'enfant ne le programment pas ! C'est exclusivement leur état émotionnel qui est traduit dans la cellule de l'enfant.

La kabbale qu'est-ce que c'est ?

Je l'utilise avec Georges Virya. Nous essayons de regarder au travers des racines hébraïques de certains mots, les correspondances avec les maladies. Par exemple, on a trouvé qu'il y a un lien entre le rein et une problématique avec un ou une fiancé(e). En biologie, on pourrait dire que les maladies rénales sont en liaison avec les liquides car le rein gère les liquides de notre corps. En hébreux, on est loin de ce décodage car la kabbale nous enseigne qu'il y a un lien direct entre rein et fiancé(e). On utilise la même racine pour dire les deux mots. Mon expérience m'a conduit à chercher toutes les ruptures sentimentales et affectives dans la généalogie au niveau des parents ou grands-parents  par rapport à un fiancé et les perturbations rénales dans la descendance. Il y a toujours un lien entre les deux.

Vous proposez des stages karmiques; pourquoi ont-ils une utilité ?

Les stages karmiques sont là pour aider le patient lorsqu'il n'a plus d'infos sur sa famille. Une fois qu'il parle des parents et des grands-parents, il est difficile d'aller plus haut.
    On peut concevoir le karmique comme la succession de notre généalogie : j'ai eu forcément des ancêtres au moyen âge, en
Égypte ou en Rome antique. On peut aussi le concevoir comme une mémoire ancestrale et, pour ceux qui y croient, comme une mémoire karmique. Toujours est-il qu'on se trimbale ces mémoires sans en avoir conscience.
    Je travaille avec Liliane qui elle, a cet accès que je n'ai pas : elle donne la vie karmique avec tous les éléments. L'intérêt est de comprendre ce que cette vie ancienne vient déranger dans la vie présente. Je tente de faire le lien et de décoder avec tous mes outils : bio, projet, sens ... afin de dégager les infos de cette mémoire ancienne et d'amener le patient à prendre conscience du sens de ses maladies présentes.
    J'ai un exemple flagrant : une patiente avait une mémoire de "j'ai été brûlée pour sorcellerie". Dans la vie actuelle, son grand-père vendait du fioul, son mari vend du bois de chauffage et ses grands-parents ont eu une maison brûlée. On a retrouvé dans sa généalogie un bout de son histoire karmique.

Peut-on déprogrammer de futurs conflits lors de grossesses ?

Beaucoup de gens veulent tout déprogrammer or, cela n'est pas possible car une partie de nous restera toujours dans l'ombre. Mon but est qu'avec un peu de sagesse, on arrive à éclairer par la conscience tout notre être.

Quelle part accordez-vous à la spiritualité ?

Je prône une spiritualité vivante. Intégrer notre corps pour trouver des correspondances spirituelles, voilà ce qui nous est demandé de faire.
    Pour moi, le seul chemin de l'éveil, c'est mon incarnation car c'est en mettant de la lumière sur chaque cellule, jour après jour, que j'espère m'y approcher au maximum. C'est le message que je souhaite transmettre.
    Je ne souhaite pas faire un décodage biologique enfermant. Tous les gens qui sont malades ont intérêt à comprendre la source inconsciente qui est à la base du mal. Ce ne sont jamais les projections conscientes qui en sont la source.
    La volonté ne guérit pas? Notre problématique, à nous les humains, est que le mental barre souvent la guérison, on veut comprendre par la tête alors qu'il faut comprendre dans la cellule. Je n'ai pas de recette miracle mise à part celle-ci : mettre de la lumière là où il reste de l'ombre, le cerveau biologique quant à lui, ne peut pas être commandé, laissons-le faire son travail.



 

La patiente que nous appellerons Caroline, est paralysée depuis un accident survenu à l'âge de 31 ans. Elle a une compression de D12. Depuis, elle se déplace en fauteuil roulant. Souhaitant remarcher, elle assiste au stage d'Athias dans l'espoir de retrouver l'usage de ses jambes. La séance commence. Gérard demande son nom de famille à la patiente. Celle-ci, qui est pourtant mariée, donne son nom de jeune fille et celui de son mari. Gérard lui conseille vivement d'abandonner le nom du père pour ne prendre que celui d'épouse. En effet, il décode grâce à la kabbale, au tarot et au langage des oiseaux, beaucoup de violence dans son nom de jeune fille. Après réflexion silencieuse et afin de décoder toute l'histoire inconsciente contenue dans son nom de famille, il lui demande :

Que s'est-il passé avec un couteau ?

J'ai un souvenir d'enfance où ma mère court après mon père avec un couteau. Mes parents s'entendaient très mal, il y avait beaucoup de violence à la maison.

J'imagine, c'est ce que je viens de te dire ... Maintenant, raconte-moi la scène !

Ma mère a pris un grand couteau de cuisine.

Gérard demande à Caroline de choisir une personne pour représenter son père, lui-même représentera sa mère ; il choisit une règle pour le couteau de cuisine.

Qu'a-t-elle fait ?

Elle lui courait après avec le couteau tendu, mon père courait aussi.

Gérard effectue la scène devant nous tous.

Après, qu'est-ce que tu as vu ?! Tu as vu ça !! Gérard plante le "couteau" dans le bas du dos du "père".

Non !!!!

Tu l'as vu je te dis !!! Je n'ai pas dit que cela s'était passé, mais c'est ce que ton cerveau a enregistré ! Tu as une compression de D12 (une des dorsales). En fonction de la taille du monsieur et de la dame, le coup de couteau ne peut être donné que là. C'est ta maladie : compression de D12. Si j'étais toi, je prendrais vite le nom de mon mari ! Comprends bien : la petite fille que tu étais est traumatisée car elle a peur que sa mère donne le coup de couteau au père. Quand vous dites cela à votre cerveau, il finit le film dans l'imaginaire. Dans son imaginaire, elle a vu la scène. Elle a peur que sa mère tue son père. La solution est donc de protéger l'endroit où le couteau va rentrer : elle le protège dans sa maladie. La solution parfaite de ce conflit c'est que toi, dans ta vie, jamais tu ne donneras un coup de couteau car tu ne marches pas ! La solution parfaite pour que ta mère ne rattrape pas ton père, c'est  se couper les jambes et l'origine de cette non motricité vient du coup de couteau que le père a failli recevoir.
    Continuons : ta mère et ton père ont combien d'enfants ?

 1er un garçon en 62, moi en 64 puis une petite sœur qui est décédée de malformation cardiaque.

Que s'est-il passé pour tes parents entre 62 et 64 ?

Ma mère s'est mariée enceinte de mon frère. Il n'y avait pas d'amour. Mon père a pleuré le jour de la naissance de son fils car il voulait une fille. Dans son enfance, à la maison, les garçons étaient maltraités. Ils vivent chez les grands-parents maternels. Ma grand-mère est tisserand.

Une parenthèse : chaque fois qu'il y a des tisserands dans la famille, il peut y avoir un programme de stérilité. Qui n'a pas d'enfants ?

Moi.

Pas besoin de tergiverser, le programme est là.

Ensuite, ma grand-mère a travaillé à l'usine de voitures.

Il est indéniable que dans l'arbre, il y a un lien entre une voiture et ton chariot qui est aussi une voiture.

Mon grand-père a été bucheron.

Pas d'accident en tant que bucheron ?

Non.

Ses copains ? Car les bucherons sont confrontés à un taux d'accidents plus élevé que dans les autres professions. Le représenté de la peur du bucheron c'est quoi ? Qu'il se prenne un arbre sur le dos. C'est quelque chose qui tombe et qui te compresse. Lui, ton grand-père, il a toujours ce représenté dans la tête. On verra le lien avec ton accident. Ton grand-père a forcément une histoire d'accident où il était présent. On retrouve donc la problématique de compression. Comment as-tu eu ton accident ?

Nous étions sur un trottoir, mon mari et moi et un automobiliste a vu le feu rouge au dernier moment. Il a pilé et sa voiture est venue nous heurter sur le trottoir. La vertèbre D12 a implosé et j'ai eu une compression de la moelle épinière.

Ok, on va regarder. L'homme avec sa voiture, en terme de biologie, est rentré dans ton territoire. Si ton territoire était très bien marqué, il serait allé sur le trottoir d'en face. Il a fait une intrusion forte et violente dans ton territoire. Le décodage de D12 ? "n'a plus de territoire". Dis-moi qui a fait intrusion dans ton territoire au niveau sexuel ? Par qui t'es-tu sentie violée ?

Je n'ai pas été violée, mais mon père a fait une intrusion dans mon territoire à l'adolescence.

A quel âge ?

12 ans !

Qu'a-t-il fait ?

Mon père voulait danser avec moi, il était saoul, il se frottait.

D12 !!! "conflit semi-sexuel !" Y a-t-il eu pénétration ?

Non !

Semi-sexuel : il n'y a pas de pénétration. "Dans une coloration sexuelle sans sexualité" ... 12 ans. Les traumatismes de l'intrusion du père dans ton territoire sont le transposé de ce qui se passe avec la voiture. La voiture est un symbole sexuel. Cet accident renvoie à la problématique de tes 12 ans, il renvoie au problème avec la grand-mère (à vérifier), il renvoie au bucheron et au couteau de la mère. Que sais-tu d'autre sur ta généalogie ?

Mon père, à 5 ans, a été abandonné à l'assistance publique.

Pourquoi ?

Mon grand-père était prisonnier de guerre. Ma grand-mère restée seule avec 3 enfants était enceinte d'un autre quand son mari est rentré. Il a demandé le divorce. Elle ne pouvait pas assumer ses enfants et les a laissés. Mon grand-père, pour les récupérer, devait avoir une maison, un travail et une épouse. Mon père est donc resté placé à l'assistance publique de 5 à 11 ans.

Que sais-tu d'autre ?

Ma grand-mère a disparu de la vie de mon père. Elle était couturière.

As-tu une histoire de voiture à me raconter dans ta généalogie, une ambulance ?

Mon père travaillait chez Peugeot. Il y était malheureux et y a passé toute sa vie.

Ok, c'est donc véritablement l'inceste avec le père que tu revis avec cet homme, car le père a ici le symbole de la voiture. Tu te fais symboliquement pénétrer par une voiture. Quelle marque ?

Une Peugeot !

La boucle semble bouclée.

Après l'accident, j'ai décidé de reparler à mon père car il a eu aussi un accident très grave lors de mes 12 ans. Il a failli mourir : il est tombé d'une échelle sur la tête.

Pourquoi te remets-tu à aimer ton père après l'accident ?

Parce que j'ai découvert sa fragilité et sa sensibilité.

Pourquoi devient-il fragile et sensible ?

Car il ose se dévoiler à moi.

Si tu marches, aurais-tu peur de le perdre à nouveau ? Jusqu'à ton accident, tu ne parles pas à ton père ; à ton accident, tu renoues avec lui. L'accident est donc pour toi positif. Pourquoi déprogrammer quelque chose de positif ? Car si tu marches, tu n'es plus aimée de tes parents ! C'est un choix pour le cerveau, un argument difficile à peser. Cet argument inconscient empêche la guérison totale. Rien d'autre avec les voitures ?

Mon père a été ramené de sa famille d'accueil qui le massacre et l'exploite, en calèche, chez son père.

Donc pour ton cerveau, la voiture est bien le meilleur moyen de retrouver ton père par l'intermédiaire d'une voiture qui t'a percutée. Pour l'inconscient de ton père, cela est aussi positif, voilà pourquoi ton accident permet de changer ta relation avec lui. Car dans la généalogie, la charette permet de rejoindre le père. C'est très clair.

Oui, et je veux m'en sortir.

Tu as ici une bonne matière pour faire des prises de conscience, je ne peux pas guérir à ta place.


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